Epopé de ma particpation à mon premier gros trail :

Départ 5h du mat du centre des Houches, nous sommes 680 au départ, je suis en premiére ligne à coté des grosses pointures :Sherpa, dellebarre, chaigneaux... il fait nuit noire et le thermométre est proche de 0°. Aprés un petit échauffement je me sens bien et dans la tête et dans les jambes, j'envisage moins de 8h de course si tout va bien.Ma ptite femme m'a fait la surprise d'être au départ, ça me fait plaisir. (Merci Fouine)

Nous partons donc pour 54km avec 4000m de dénivelé, et d'entrée le rythme est élevé car tout le monde cherche à se placer pour la 1ére ascension. je suis dans les 10, le rythme me convient,je suis bien. Aprés 10mn de course cela se gatte,je me tord la cheville droite sur une racine,rien de méchant mais c'est celle que je me suis blessé 1 mois auparavant, du coup je psychote, et juste aprés je chute en butant dans une pierre. Résultat la lampe qui valdingue,le camel back qui éclate et je perd un bidon de boisson énergétique...la misére, je me reléve trés vite, pas de bobo, et repart aussitot,(Courir dans le noir c'est un métier) je vais devoir faire 2h00 d'ascension sans une goutte d'eau! Je termine la longue descente sur Servoz, et attaque la premiére grosse difficulté,je suis 8éme, je prend mon rythme et je reprends 1 par 1 les concurents.A mi ascension je me retrouve en tête,à ma grande surprise,le second n'est pas trés loin mais je ne vois pas qui c'est, je suis aux anges et je reste sur la réserve. Un peu plus loin le second me rejoint et là grand moment d'émotion: Dawa Sherpa... on discute longuement tout en finissant cette premiére ascenssion ensemble, il est exeptionnel !!!

Sur le replat avant le premier ravito ça rentre de l'arriére et le troisiéme nous rejoint, Dawa accélére l'allure et je préfére les laisser partir,en + même s'il fait pas chaud la-haut,je commence à avoir vraiement soif. Premier ravitaillement aprés 2h de course les 2 premiers passe avec 30' d'avance,et moi je me démenne pour trouver un camel avec le peu de gens qui se trouve là. ouf,Michel Poletti le président de la course en a un et il me le préte sympatiquement,merci à lui. Pendant qu'il le rempli je me ravitaille,on remet tous cela dans le sac et c'est reparti. Cela me coute quelques minutes et quelques places mais bon c'était plus que nécessaire.La descente suivante, et les ennuis continus : un troupeau de vaches, hihihi, rigolo, non pas trop, se retrouver au milieu d'une dizaine de genisses de + de 500kg qui courent dans tous les sens ça fou la cag.Le point positif c'est que maintenant il fait jour.Un concurent me rattrape(Sébastien Talotti) et à nous 2 on réussi à les écarter pour pouvoir passer.On arrive dans l'ascension du Brévent, que l'on fait bon train ensemble, je méne le rythme,on s'entend bien,je suis 5éme, et on a les premiers en visu.Il passe devant au sommet prends quelques longueurs et me dit de le suivre dans la descente (aprés le 2nd ravito) et qu'on va rentré. Le ravito arrive j'ai les jambes un peu dure, c'est la mi-course, je suis en 3h15, je bois un verre d'eau, pouah elle est gelée,je mange un peu et on repart. Une erreur fatale : a vouloir suivre Seb, qui descend comme un cabri, je baisse mon attention, et mon pied gauche se dérobe sur une pierre. Aie... entorce cheville gauche, la douleur me monte, et je m'effondre psychologiquement.

Je me pose quelques minutes, l'entorce n'est pas hyper violente mais je suis dégouté, un concurrent me passe puis un second,j'essaie de me faire un strap mais dans ces conditions,et énervé, je ne fais rien de bon. Je décide de repartir, à chaque appui tangeant la douleur et vive et je ne peu finir la descente q'en marchant.

En bas de la descente, surpris de ne pas m'être fais dépasser par beaucoup de concurrents je reprends à courrir dans la longue traversée, la douleur est supportable. Puis j'attaque la montée de Planpraz. Les muscles commencent à montrer des signes de fatigue mais la cheville ne me géne pas.c'est la derniére grande montée 1000m de z+ je m'accroche. Je dois être 9éme,il faut gérer le mental revient.

Passé le sommet de cette derniére grosse montée, à nouveau de la descente et à nouveau la cheville qui m'empéche de courir alors je marche,je boite, je descend difficilement, ça devient dur dans la tête, je pense même à abandonner à plusieurs reprises, et puis bon mes parents m'attendent à l'index,alors je continu. A partir du col cornu je commence à trouver le temps long, j'évolue dans un paysage magnifique avec des conditions optimums mais le terrain devient hard pour ma cheville. Pierriers, dalles rocheuses,descentes techniques, et c'est à partir de ce moment que je commence à me faire passer par plusieurs gars.

L'index, enfin aprés plusieurs hésitations d'abandon, je trouve mes parents venus m'encourager dans la derniére difficulté, et là, même si j'apréhende la grosse descente finale,je suis heureux de les voir,ils me remotive, ils m'annonce 15éme, et puis il y a ma ptite famille qui attend de me voir à l'arrivée alors je ne vais pas décevoir tout ce ptit monde...

Aprés encore quelques temps sur un terrain vallonné, jusqu'au lac-blanc, j'alterne entre course et marche, dans la tête c'est bon, maintenant je finis, la place et le temps je m'en fiche... Laurent Poirier mon ami me rattrappe à cet instant et on s'échange 2-3 mots et je lui dit de filer car je ne pourrais pas le suivre dans la descente.  ça ce complique donc car cette descente et surtout la premiére partie en direction de la flégere est assez technique et là, impossible de courir, ma cheville me refait mal, et je vois de nouveaux concurrents me passer. c'est long-long...Arrive la Flégére on m'annonce 19 c'est pas si catastrophique finalement,le terrain devient plus régulier et stable et je recoure à nouveau, bizarrement je ne ressent quasiment plus de douleur à la cheville, par contre mes jambes me montrent leur limites (crampes, douleurs de partout).

Quand à la fin de parcours, elle se montre mine de rien trés accidentée et donc difficile mais le sol est trés régulier et souple et cela me permet finir pas trop mal. Dernier virage, une partie goudronnée, et enfin l'arrivée au Savoy, je vois ma femme et mes loulous, une grande joie m'envahie, j'attrape mes loustics au passage,et je franchi l'arrivée. ouf, ça y est fini, mes parents sont là également.

20éme en 8h33mn, jsuis cramé les pieds et les jambes défoncés. Mes sentiments sont partagés, d'abords déçu de n'avoir pu faire la course à mon niveau,de me bléssé une nouvelle fois, et puis satisfait, d'avoir fini aprés tout ça, d'avoir participé à cette course à grosse et trés bonne organisation et d'y avoir cotoyé les meilleurs mondiaux. Aprés un bon massage et une bonne tartiflette ma remise en question sur la participation à un autre trail reste dans le doute.

Voilà direction le Chirvathlon le week-end prochain si tout va bien.

Résultats et classements ici:  http://tar.livetrail.net/classentete.php?course=tar